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Présentation de l'éditeur:

LONDRES / CHÂLONS-SUR-MARNE, 1943. Une grande partie de l’Europe est occupée par la Wehrmacht. Pour aider la Résistance française à préparer le débarquement des troupes alliées qui doit prendre à revers l’armée d’Hitler, Churchill crée un organisme secret, le S.O.E. (Special Operations Exe-cutive). Elaine, une jeune Anglaise de 19 ans, qui s’y est engagée à l’insu de son ami Frank, est ainsi envoyée en mission à Châlons-sur-Marne comme opératrice radio pour le réseau Pianist.

À peine arrivée à Châlons, elle croise la route du commandant Wagner, chef du service de sécurité allemand, un homme séduisant mais redoutable qui va sans cesse se trouver sur son chemin. Et puis elle apprend que le réseau Pianist a subi récemment de nombreuses arrestations. Autour d’elle, les camarades résistants tombent un à un. Un traître se cache-t-il parmi eux ? Pour mener à bien sa mission, à qui Elaine va-t-elle pouvoir se fier ? À l’énigmatique Maxime ? À la craintive Marcelle ? Au bougon Perceval ?

Comment pourrait-elle deviner qu’elle n’est qu’un des rouages d’un plan machiavélique conçu en haut lieu ? Comment pourrait-elle imaginer le rôle que son ami Frank, resté à Londres, va tenir dans la partie qui se joue ?

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Biographie de l'auteur


Béatrice Nicodème est une auteur de romans policiers, de romans historiques et de littérature de jeunesse
Elle nait en 1951, c'est la dernière d'une famille de six enfants. Après une licence d'allemand, elle exerce pendant vingt ans le métier de maquettiste dans des magazines pour la jeunesse. Elle découvre le roman policier vers 12/13 ans, en lisant Le Chien des Baskerville de Conan Doyle. A trente ans, elle écrit son premier roman policier (pour adultes), puis pour la collection Souris Noire, elle écrit pour la jeunesse, des romans policiers mais aussi historiques.



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Partenariats, forums et Lectures communes

Lecture personnelle.

 

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Mon avis:

Après avoir lu un livre jeunesse de cette auteure que j’ai adoré, j’ai décidé de me lancer dans cet autre livre plus adulte pour comparer peut-être mais surtout retrouver sa plume dans un autre contexte.

La couverture à elle seule met déjà le lecteur dans l’ambiance avec ces couleurs sombres. Le bâtiment noir se dresse tel un patrouilleur sortant du brouillard sur fond de coucher de soleil sanglant. Au loin, les petits champignons des parachutes dans un ciel lumineux et clair laisse envisager une issue. Cependant au premier plan, par sa présence attentive et les seuls détails réellement visibles de son uniforme, le col blanc et la svatiska sur fond blanc, ce soldat accentue la sensation de menace et de ténèbres. Son corps tourné vers la ruelle sombre où semble vouloir se fondre une jeune femme nous interpelle. Le regard méfiant ou inquiet de celle-ci vers l’arrière y contribue aussi. Que fait-elle là ? Que risque t-elle ? On se rappelle tous avoir lu dans nos livres d’histoire des témoignages d’interpellations arbitraires qui finissaient mal.

Le décor est planté. Nous voici prêt à entrer dans l’histoire.

Ensuite l’auteure nous mets elle-même en situation par un extrait de discours de Churchill assez éloquent, un petit paragraphe explicatif et par la mise en annexe du livre des rappels du contexte historique. Nous voici donc déjà impliqués alors que le roman n’a toujours pas débuté.

 

17 avril 1943. Elaine, pour valider l’entraînement que lui a donné le SOE (Special Operations Executive), doit exécuter une mission en conditions réelles (pas de papier, ni d’argent en sa possession).Après quelques déboires géographiques et météorologiques, elle finalise celle-ci et se dirige vers la gare la plus proche pour rejoindre Beaulieu, si possible avant le repas du soir.

C’est dans le train que tout aurait pu s’arrêter si le Major Hopkins, son supérieur, n’était intervenu. Elaine lui doit une fière chandelle. Maintenant son avenir dépend des résultats de sa mission mais aussi du silence de celui-ci sur sa bourde. Si tout est bon la prochaine étape est la France.

Dans le même temps, Perceval, chef du réseau français Pianist prend l’avion pour se rendre en Angleterre. Son opérateur radio a été arrêté voilà un mois, il lui en faut un autre surtout qu’un vent de trahison semble corrompre son réseau et les rendre de plus en plus vulnérables.

Lors de leur voyage retour les choses ne se passent pas comme prévu, juste après le saut de Christopher, autre résistant parti avec eux, les forces au sol semblent être attaquées. Perceval et Elaine décident donc de sauter en aveugle plus loin seront donc par la même occasion séparés.

A l’occasion de son trajet vers sa destination de rendez-vous, Elaine va faire la connaissance, un peu contre son gré du Sturmbannführer Wagner, mélomane mais aussi haut placé au service de renseignement allemand.

D’un autre côté, à Londres, Franck l’ex petit ami d’Elaine vient de comprendre qu’elle s’est engagée au SOE et est partie pour la France. De même il va apprendre qu’une simple idée lancée dans une conversation avec le chef du renseignement à Londres va avoir des répercussions sur la vie de nombreuses personnes, dont Elaine, et probablement les conduire à la mort. Il décide donc de tout faire pour la sauver.

 

Nous suivons donc les 2 faces d’une même pièce pourrait-on dire lors de ce roman. D’un côté Elaine en France et de l’autre, Franck à Londres. Chacun œuvre pour des raisons personnelles à sauver une ou des vies .

Les personnages décrits dans ce roman ont tous des caractères bien définis et on se prend à en aimer certains et à en dénigrer d'autres au fil de notre lecture. Tout comme pour nos résistants en France nous avons des interrogations sur l'éventuel traître et suivons donc avec attention toute action qui s'y déroule. Cependant nous sommes avantagés car nous apprenons avant eux qui il ou elle est. Mais cela ne nous rassure pas pour autant, au contraire. Comment ne pas trembler pour ces hommes et ces femmes qui risquent leur vie pour une cause juste et/ou par patriotisme. Alors comment ne pas se sentir encore plus imprégné de l'histoire quand on sait ce qui pourrait les sauver mais que l'on ne peut rien y faire. Quel horrible sentiment que cette impuissance!!

Torture double pour moi d'ailleurs car à la lecture de ce livre je m'en suis remémoré un autre lu des années auparavant qui traitait du même sujet et dont j'ai retenu l'épilogue dramatique. Ces événements dont j'ai le souvenir vont-ils se renouveler ici? Cette interrogation n'a fait qu'amplifier mon inquiétude pour les personnages auxquels je me suis attachée. J'ai donc suivi avec appréhension l'avancée de leurs missions, avec inquiétude les découvertes de l'ennemi et avec passion les événements que tout cela entrainaient. Mon cœur à l'unisson des leurs , j'ai tremblé, paniqué, soupiré de soulagement, été en colère ou en plein désarroi mais jamais je ne me suis sentie exclue de leur vie.

Béatrice Nicodeme est là encore dans son élément. Que ce soit pour Wiggins, son jeune détective(livre jeunesse) ou ici Elaine cette jeune résistante, l'auteure sait nous impliquer dans leur histoire. Elle a une plume qui se lit vite et bien ce qui nous facilite l'imprégnation dans l'histoire.

On a aussi l'explication du titre au cours du livre. Il s'agit d'un extrait du poème qui constitue le code personnel d'Elaine. Il a été écrit par un condamné à mort avant son exécution en mars 1943 et était parvenu à Londres par on ne sait quel moyen. Poème magnifique sur la vie qui continue envers et contre tout .Il est poignant de sincérité. Les 3 strophes évoquent l'évolution de son état d'esprit, l'attente, les regrets et puis enfin l'espoir et la victoire. On ne peut que se sentir indigne devant la bravoure dont ont fait preuve nos résistants.

Et une fois la dernière page tournée on se sent honteux de nos petites mesquineries, de nos réactions excessives à des événements somme toute anodins comparés à leurs vies à EUX, ces héros de l'ombre. Ces héros, ces sacrifiés parfois, sans qui notre pays ne serait pas ce qu'il est actuellement.

En plus de nous divertir cette lecture nous fait réfléchir et rien que pour cela je ne l'en aime que plus. Un livre se doit d'apporter quelque chose à son lecteur, détente, évasion ou comme ici remise en question et un regard en arrière sur notre histoire et ses exactions.

J'en ai donc retiré beaucoup plus que ce que j'en escomptais ce qui ne sera peut être pas le cas de tout le monde mais même si vous ne souhaitez qu'un bon moment de détente vous serez comblé.