Le meilleur des mondesPrésentation de l’éditeur

632 après Ford : désormais on compte les années à partir de l'invention de la voiture à moteur. La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s'assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. La société de ce Meilleur des mondes est organisée, hiérarchisée et uniformisée, chaque être, rangé par catégorie, a sa vocation, ses capacités et ses envies, maîtrisées, disciplinées, accomplies. Chacun concourt à l'ordre général, c'est-à-dire travaille, consomme et meurt, sans jamais revendiquer, apprendre ou exulter. Mais un homme pourtant est né dans cette société, avec, chose affreuse, un père et une mère et, pire encore, des sentiments et des rêves. Ce " Sauvage ", qui a lu tout Shakespeare et le cite comme une Bible, peut-il être un danger pour le " monde civilisé " ?

 

Biographie de l'auteur

Pour comprendre Aldous Huxley, il faut d'abord savoir d'où il vient : fils du compagnon d'armes de Charles Darwin dans la grande bataille pour la théorie de l'évolution, frère de Julian Huxley, membre du mouvement scientifique du début du siècle qui voyait dans l'eugénisme une science à part entière. À l'époque, les romans de science-fiction, qu'on appelait " romances scientifiques ", étaient foncièrement optimistes, et voyaient dans le progrès une avancée exclusivement positive de la société. Aldous Huxley a pris le contre-pied : au début, il voulait parodier l'œuvre de H.G. Wells, et puis il s'est pris au jeu de la création. Il rentrait d'un voyage aux États-Unis, où il avait été effaré par le culte de la jeunesse et de la perfection physique, la frénésie consumériste, la promiscuité sexuelle... Son Meilleur des mondes est une vision ironique et pessimiste, inspirée, par son époque, par ses peurs, par Shakespeare et sa Tempête, largement citée par son personnage de Sauvage ; c'est aussi une fulgurance, une invention irrépressible écrite en quatre mois pendant l'année 1931, et, à la manière du 1984 d'Orwell, terriblement visionnaire. Comme en témoigne l'épigraphe de l'édition originale française : " Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu'on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d'éviter les utopies et de retourner à une société non utopique, moins parfaite et plus libre. " –; Nicolas Berdiaeff

 

Partenariat, forums et lectures communes.

Lecture en partenariat avec la page Myboox.

 

 

Mon avis :

 

Une chose est sûre ce livre ne peut laisser indifférent. Nous ne pouvons pas ne pas réagir d'une manière ou d'une autre à la conception d'un monde meilleur établie par Huxley.

Comment décrire ce monde meilleur?

- conception invitro de castes des plus intelligents au plus manuels

- endoctrinement dès le plus jeune âge à une vie heureuse en fonction de sa caste

- une place pour chacun et chacun à sa place et tout le monde sera heureux

- insuffler ainsi en chacun l'idée que SA vie est mieux pour lui que celle d'un autre d'une caste différente

- supprimer toutes velléités de désir inassouvi, la monogamie est proscrite, l'indépendance de pensée aussi - supprimer les arts, et sciences qui amèneraient à une solitude contemplative ou réflexive "Il n'y a pas véritablement de tentations auxquelles il faille résister. Et si, par malchance, il se produisait quelque chose de désagréable il y a le soma qui permet de prendre congé, de s'évader de la réalité"

Voilà en peu de mots la vie telle qu'elle est vécue dans ce monde meilleur.

Dans ce contexte social va apparaître le "sauvage", enfant né d'une maman vivipare, chose inconcevable dans le monde civilisé de notre auteur.

John, élevé par Linda dans une réserve de sauvages, va par un concours de circonstances être amené à découvrir le monde civilisé tel que sa mère lui en a parlé souventes fois de façon idyllique.

La venue dans cette réserve de Bernard et Lénina va chambouler de nombreuses existences à commencer  par les leurs.

 

Certains vont alors se rendre compte des lacunes de ce monde parfait, d'autres refuser d'ouvrir les yeux ou de comprendre qu'il puisse exister des personnes qui vivent différemment et qui en sortent heureux.

Pour John ce qui semblait au départ un retour à la civilisation, aux sources merveilleuses que lui vantaient sa mère va s'avérer quelque peu différent.

Ce livre cependant malgré son monde idéal laisse toutefois apparaître des impondérables.

La différence est et reste quelque soit le monde dans lequel évolue nos protagonistes une situation à part entière.

Ne pas entrer dans le moule créé de toute pièce par sa société amène l'exclusion, le rejet des autres.

En sont la preuve Bernard et John et c'est ce qui va au départ les rapprocher et amener le mélange de leur  vie.

Quoique nous fassions de notre civilisation, virtuelle ou réelle, cette "tare" profondément humaine qu'est la peur de l'inconnu, de la différence persiste toujours et avec elle les sentiments exacerbés et les incompréhensions.

En conclusion je reprendrai mon avis du début.

Nous ne pouvons d'aucune manière rester insensibles ou indifférent à la lecture de ce livre.

Que ce soit pour approuver ou réprouver l'une ou l'une manière de vivre de nos protagonistes dans leur  totalité ou pour certains points seulement, ce livre fait réfléchir à notre propre conception du bonheur, d'un monde meilleur.

Et, à cette question, il existe autant de réponses que d'individus malgré parfois certains points récurrents  chez tous.

A vous de voir donc si vous souhaitez traverser ce livre avec prudence  SI, tout aussi prudemment, VOUS laisserez ce livre vous traverser. Comme le disait Douglas Jerrold.