RedemptionPrésentation de l'éditeur:

 

Ce qui restait de l'humanité s'est entassée dans le vaisseau spatial Rédemption, en quête d'une planète habitable. La béta-Syphillis fait rage et le vaisseau aura bientôt épuisé toutes ses réserves. C'est dans ce climat tendu et chaotique qu'une série de meurtres ignobles survient dans les rues de Whitechapel, le district des laissés pour compte et des malades au stade terminal.

Une relecture moderne et innovante de Jack L'éventreur, rythmée par la plume de Géraldine Blondel.

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Détails sur le produit

Format : Numérique
Nombre de pages : 40pages
Éditeur : House Made Of Dawn
Date de sortie : 27 aout 2015
Langue : Français
ASIN: B014JDMGKK
Prix Éditeur : 1.99 €

 

 

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Partenariats, forums et Lectures communes

Lecture en partenariat avec le forum Au Cœur de l’Imaginarium et les éditions House Made of dawn.

 

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Mon avis:

Mon précédent ouvrage des éditions House Made of Dawn m’avait laissé un goût amer en bouche, par son côté dérangeant. Mais qu’à cela ne tienne je ne voulais pas m’en tenir là et ai donc décidé de réitérer avec un autre de leur roman semble-t-il plus « classique ».

Géraldine Blondel a fait le pari de retranscrire le légendaire tueur de Whitechapel dans un cadre de Science-fiction.

La Terre n’est plus et le salut de l’humanité se trouve à bord d’un unique vaisseau, le H.M.S Redemption. Trois générations déjà naviguent vers un avenir incertain et l’espoir d’une nouvelle planète habitable.
Hélas les vicissitudes de la vie ont touché durement un quartier de ce vaisseau, Whitechapel au travers d’une maladie, la bêta syphilis. Le corps est d’abord touché puis l’esprit et la folie guette les victimes de cette tragique épidémie de luxure.
Moitié époque victorienne, moitié science-fiction ce roman nous entraîne dans le quartier malfamé de Whitechapel, lieu de débauche et de stupre où sont enfermés les malades de la bêta syphilis. Impossible d’en sortir ou d’y entrer.
 Ils sont la lie de l’humanité, ils sont parqués ici et continuent leur vie tels leurs ancêtres du même quartier des années 1900.
Même si au départ le mélange m’a surprise, je me suis rapidement prise au jeu et au fil de l’histoire.
On oublierait presque que nous sommes à bord d’un vaisseau spatial lorsque nous suivons l’enquête de l’inspecteur Abberdine dans le quartier de Whitechapel. Car des crimes atroces y ont été commis, un assassin cruel et sanguinaire égorge et éventre ses victimes et laisse les corps telles des scènes macabres de tableaux sanglants.
Puis comme un contraste étonnant l’auteure nous transporte dans l’autre partie du vaisseau, celle où vivent les nantis, où le ciel est toujours bleu, où se trouvent le poste de pilotage et sa majesté la Reine Victoria.
La plume de l’auteure est telle que ses descriptions suffisent à nous imprégner de l’ambiance glauque et nauséabonde de Whitechapel ou au contraire de celle plus nette du poste de pilotage sobre et proche de l’immensité de l’espace grâce à cette coupole de verre.
Au travers de l’œil du peintre ou de l’auteure nous découvrirons la beauté au cœur des miasmes pollués (laissez-vous guider vers les hauteurs de la chapelle) ou la laideur sous couvert de propreté impeccable (honte à ces hommes nantis exempts de pitié).

Même ainsi, aux confins de l’espace, la race humaine a su encore mettre en place des clivages sociaux. Alors que ces quelques poignées d’hommes et de femmes sont ce qu’il reste de l’humanité, l’auteure nous dépeint une société que rien ne change :
des pauvres qui subissent les affres des maladies et des crimes dans les bas fonds et les nantis qui, sous couvert de les plaindre et de vouloir voir stopper les crimes, se délectent au contraire des images horribles et insoutenables des victimes.


Pourtant même si l’enquête avance plutôt vite, même si l’assassin va être rapidement mis hors d’état de nuire (la nouvelle ne fait tout de même que 40 pages), même si au final nous connaissons déjà l’histoire, l’auteure a su y ajouter un élément qui va nous mener vers un final particulièrement génial et emphatique.
Car oui, cette fin m’a surprise et transportée. Je ne savais à quoi m’attendre et au vu du contexte mi-victorien, mi-SF j’émettais quelque doute quand à une sortie convaincante. Et ce fut là mon erreur.
Tel la fin du grippeminaud de Norman Jangot, l’ironie de la chute nous sort des sentiers battus et nous laisse un sentiment assez complexe au cœur, un mélange de rire et de désespoir qui donne son cachet inattendu à ce récit.